Connecté à un écran ou à un téléviseur (comme ici) via la prise HDMI, le PC stick est piloté avec un clavier et une souris grâce à sa liaison sans fil Bluetooth. La puce Wi-Fi assure la connexion avec Internet et le cloud où sont stockés les contenus de l’ordinateur, celui-ci ayant une mémoire à la capacité très limitée. ©Sciences et Avenir / Betty Lafon

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Avec leur aspect de grosse clé USB sans clavier ni écran, les PC sticks constituent une nouvelle famille d’ordinateurs. Ils témoignent d’une nouvelle vision de l’informatique qui, profitant de la miniaturisation, pourrait bien révolutionner l’équipement personnel à un prix défiant toute concurrence. Flexibles, totalement adaptés au mode vie nomade, ces microordinateurs poids légers (environ 60 grammes) se glissent en effet dans une poche ou un sac. Il suffit ensuite, une fois arrivé à destination — chez soi, sur son lieu de vacances, à l’hôtel, chez des amis… — de les brancher sur un téléviseur ou un écran équipé d’une prise HDMI standard pour être aussitôt connecté à Internet et retrouver tous ses documents. Le géant américain des microprocesseurs Intel, en partenariat avec Microsoft, a ainsi commercialisé en juillet son Compute Stick fonctionnant sous système d’exploitation Windows 8 pour 149 €, tandis que Google, en association avec le taïwanais Asus, lançait au même moment le Chromebit, tournant sous Chrome OS, pour 99 €. Sur ce marché naissant, la France n’est pas en reste puisque Archos a présenté en juin son PC Stick fonctionnant sous Windows 10, qui sera commercialisé très prochainement, également à 99 €.

Première différence donc, mais de taille, avec les ordinateurs "classiques", fixes ou portables : ces PC sticks ne disposent d’aucun écran et doivent être connectés à un téléviseur ou un écran par le biais leur prise HDMI pour fonctionner. L’image affichée est de bonne qualité puisque la résolution peut atteindre 1920 x 1080 pixels, soit l’équivalent de celle d’un moniteur informatique conventionnel ou d’une image en TV HD pour les vidéos. De même, aucun clavier ni aucune souris ne sont fournis avec l’appareil, il faut utiliser la liaison Bluetooth pour associer ces différents périphériques qui peuvent aussi comprendre micro, casque ou imprimante. La liaison Internet étant assurée, elle, par Wi-Fi. En somme, les PC sticks ne conservent que les éléments constitutifs indispensables du coeur d’un ordinateur, à savoir un microprocesseur et un peu de mémoire. D’origine, la capacité de celle-ci reste très limitée, mais elle peut être étendue par adjonction d’une carte Micro SD, identique à celle qu’utilisent les téléphones mobiles.

Des machines qui misent tout sur le "cloud"

Même si les capacités de stockage restent bien moindres que celles d’un disque dur d’ordinateur portable pouvant atteindre de un à plusieurs téraoctets, ce point n’a, paradoxalement, qu’une importance secondaire. Car les PC Sticks misent tout sur le cloud ("informatique en nuage") : les contenus sont stockés, non directement sur l’appareil, mais dans des serveurs à distance. Une stratégie que Google avait déjà testée avec succès pour ses chromebooks, ces ordinateurs portables proposés à un prix serré et dont le succès a été immédiat (voir Sciences et Avenir n° 807, mai 2014). Ceux-ci exploitaient déjà massivement Google Drive (le cloud de Google) pour fonctionner. Microsoft propose désormais un concept comparable avec OneDrive. Ainsi, les fichiers, voire les logiciels, sont téléchargés "à la volée" dans le PC stick en fonction des besoins du moment, ce qui réduit beaucoup son coût de fabrication et permet aux constructeurs de proposer ces prix attractifs. Équipés des mêmes logiciels que les ordinateurs personnels, ces micro-ordinateurs fonctionnent dès lors aussi efficacement que les autres. Ainsi, le Compute Stick d’Intel — sous Windows — exploite toute la suite Office de Microsoft (Word, Excel, Power Point, etc.) tandis que le Chromebit, géré par Chrome OS, dispose d’une suite bureautique équivalente. En déplacement, l’utilisateur retrouve son environnement informatique habituel et peut rédiger un texte ou une présentation puis les partager avec d’autres usagers comme il l’aurait fait depuis son ordinateur de bureau.

L'écran familial transformé en "Media Center"

Ces ordinateurs d’un nouveau genre visent aussi un public de jeunes technophiles, fans de musique et de vidéo à la demande car ils sont parfaitement adaptés aux nouvelles plates-formes de services en ligne. Leurs utilisateurs peuvent accéder à l’ensemble des services auxquels ils ont souscrit — les vidéos en streaming sur Netflix par exemple—, puisque les codes d’accès et l’identification sont stockés dans le stick. Seuls les amateurs de jeux vidéo seront pénalisés en raison de la faiblesse de la carte graphique entraînant des performances d’affichage limitées, en particulier sur les animations 3D complexes. Si les téléviseurs de dernière génération connectables à Internet (Smart TV) offrent aussi de tels services, la navigation des sticks apparaît plus intuitive. En outre, ces derniers peuvent également, en se connectant au réseau domestique, exploiter directement les contenus des différents périphériques pour diffuser, par exemple, de la musique dans les différentes pièces de l’habitation. Ils pourraient bien ainsi bouleverser le marché de la télévision connectée puisqu’ils transforment en un clin d’oeil l’écran familial en "media center".

Attention au choix du système d’exploitation

Plusieurs systèmes d’exploitation sont proposés sur les PC stick : Windows 8, Chrome OS ou Linux. Il faut prendre en compte ce point lors de l’acquisition de l’appareil, car il détermine les applications qu’il acceptera ainsi que les services auxquels il pourra accéder. Par exemple, un PC stick fonctionnant sous Chrome OS pourra accéder à la bibliothèque d’applications et de services proposée par Google mais pas à celle de Microsoft. La situation inverse prévaut pour un équipement fonctionnant sous Windows 8. Il en est de même pour les suites bureautiques : Microsoft Office n’est pas compatible avec Chrome OS. Il faudra utiliser Google Doc qui, en revanche, peut exploiter les fichiers issus de Microsoft Office et produire des documents compatibles avec ce dernier. Toutefois, l’ergonomie des deux univers est assez différente ce qui peut dérouter. Heureusement, beaucoup de services en streaming sont compatibles avec les différents OS et les applications sont le plus souvent elles aussi déclinées en plusieurs versions.
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